GLYCATION

Pas de limite à la longévité ?

La multiplication des centenaires serait-elle la preuve que la longévité humaine n’a pas de plafond ?

Depuis quelques années, certains scientifiques avancent l’hypothèse qu’aux âges les plus avancés, le risque de mortalité cesserait d’augmenter.

Valider cette hypothèse remettrait en question l’idée d’une limite biologique à la longévité.

L’augmentation spectaculaire de l’espérance de vie au cours du XXe siècle s’explique principalement par la chute de la mortalité infantile et le recul des maladies infectieuses.

Dans le même temps, la longévité maximale a peu évolué. Le record de Jeanne Calment, décédée à 122 ans en 1997, ne doit pas faire oublier l’existence de centenaires depuis l’Antiquité.

Ce n’est que depuis quelques décennies que l’augmentation de la durée de vie dans les pays développés résulte principalement d’un recul de la mortalité aux âges élevés. Le nombre désormais considérable de centenaires donne accès à des informations permettant de savoir si la longévité augmente réellement.

En analysant des populations âgées de plus de 105 ans, des chercheurs (1) ont observé que, alors que le risque de décès augmente de façon exponentielle avec l’âge, cette augmentation ralentirait progressivement à partir de 80 ans avant de se stabiliser aux âges les plus élevés, au-delà de 105 ans.

On parle de plateau de mortalité, hypothèse qui permettrait de repousser les limites fixes de la longévité.

La prudence s’impose même si les auteurs de cette étude mentionnent que des observations similaires existent dans d’autres modèles animaux.

Le consensus scientifique n’est pas établi (2) mais une piste biologique mérite l’attention : la glycation.

Alors que les produits de glycation avancée (AGEs), acteurs majeurs du vieillissement biologique, augmentent et s’accumulent régulièrement avec l’âge, des travaux montrent que les individus à très grande longévité présentent des niveaux de glycation plus faibles que prévu, ainsi qu’une meilleure capacité à neutraliser leurs effets délétères (3).

Autrement dit, les personnes qui dépassent 100 ans semblent échapper, au moins en partie, à l’emballement du vieillissement lié à la glycation observé chez la majorité de la population.

Autrement dit, les personnes qui dépassent 100 ans semblent échapper, au moins en partie, à l’emballement du vieillissement lié à la glycation observé chez la majorité de la population.

Une chose est certaine : le jour où des humains dépasseront de façon régulière les 122 ans, il ne s’agira pas seulement d’un nouveau record mais de la démonstration que ce que nous prenions pour une limite biologique n’était qu’une limite de nos connaissances

A suivre…

© AGE Breaker 06 2026

La glycation est un des principaux moteurs du vieillissement. Résultant de la fixation des sucres sur les protéines de l’organisme, la glycation génère des composés toxiques qui entraînent le vieillissement cellulaire. La glycation est impliquée dans les dérèglements métaboliques, le vieillissement musculosquelettique et cutané, le déclin cognitif et de nombreuses maladies liées à l’âge.

 

AGE Breaker, glycation et sciences de la longévité.

www.agebreaker.fr

(1) : BARBI, Elisabetta, LAGONA, Francesco, MARSILI, Marco, et al. The plateau of human mortality: Demography of longevity pioneers. Science, 2018, vol. 360, no 6396, p. 1459-1461.

DOI: 10.1126/science.aat3119

(2) : DANG, Linh Hoang Khanh, CAMARDA, Carlo Giovanni, OUELLETTE, Nadine, et al. The question of the human mortality plateau. Demographic Research, 2023, vol. 48, p. 321-338.

DOI: 10.4054/DemRes.2023.48.11

(3) : Scavello, F., Tedesco, C. C., Castiglione, S., Maciag, A., Sangalli, E., Veglia, F., … & Raucci, A. (2021). Modulation of soluble receptor for advanced glycation end products isoforms and advanced glycation end products in long-living individuals. Biomarkers in Medicine15(11), 785-796.

https://doi.org/10.2217/bmm-2020-0856

 

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